ITW – L’Impératrice

sorti des tuyaux le 23 juin 2017


Rencontre aujourd’hui avec l’interview de S.A.S L’Impératrice qui nous a accordé une audience il y a deux semaines dans sa cour improvisée de We Love Green.

L'imperatrice portrait

L’imperatrice portrait (Achille, Charles, Flore, Hagni)

Il aurait pu régner seul en tyran mais Charles de Boisseguin a très vite décidé de partager sa couronne avec Hagni, Achille, Tom, David et la douce Flore. Après L’Impératrice (2012), Sonate Pacifique (2014) et Odyssée (2015), c’est avec le maxi Séquences que le six musiciens ont choisi de faire patienter leurs loyaux sujets (et en conquérir de nouveaux!) avant l’invasion massive que sera leur très attendu premier album.

Photos : Michela Cuccagna

L'imperatrice

L'imperatrice

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En 5 ans vous avez sorti 3 EP et un quatrième, Séquences, qui sera dévoilé très prochainement. Redoutez-vous le passage au long format ou bien tout simplement préférez-vous les EP ?

Charles : On aurait adoré continuer à faire des petits EP mais le long format va arriver plus vite que prévu puisqu’on est en train de terminer d’enregistrer l’album. Je pense que dans l’état actuel de la consommation musicale des gens, c’est plus intéressant de sortir un EP parce que tu prends moins de risques financiers. Ça coûte extrêmement cher de faire un album, surtout pour un groupe comme le nôtre où l’on joue vraiment acoustique. Ça demande des besoins de studio assez conséquents mais on avait aussi besoin de s’exprimer sur un long format.

Flore : Le maxi qui sort la semaine prochaine est justement une annonce de l’album.

 

L'impératriceLa composition de L’Impératrice a été progressive. Comment travaillez-vous à six et est-ce que chacun a un rôle défini ?

Charles : Les idées des uns et des autres ont été posées sur la table très naturellement au fur et à mesure qu’on a commencé à bien se connaître. Au début, j’avais des idées que tout le monde exploitait un peu et j’imposais une espèce de direction artistique et puis chacun s’est mis à composer ensuite et tout le monde a sa place. Pour parler des rôles définis, je dirais que Flore compose les mélodies de voix et écrit les paroles dessus. Achille trouve ses rythmes de guitare ou bien Tom, le batteur fait le rythme. Tout se fait naturellement.

Flore : Et en même temps c’est assez poreux. Tout le monde peut avoir des idées sur les parties des autres donc ça fonctionne bien.

 

Parlons un peu de votre nouveau single, Sultans Des Iles. Qui est à l’origine du clin d’œil à Michel Berger ?

Charles : C’est moi ! Aujourd’hui dès que tu ouvres un magazine, il y a toujours en gros titres un truc sur le retour de la variété française avec forcément l’utilisation de la langue. C’est une scène assez parisienne qui a commencé par La Femme et aujourd’hui ce qui ressort c’est Fishbach, Polo & Pan, Juliette Armanet, Bagarre, Pépite ou nous et ça m’a fait marrer en fait qu’on parle du renouveau de la variété, comme si chanter en français ça devait forcément faire partie de la variété. Il y avait une espèce de mini rengaine à la fois cynique et amusé sur cette manière qu’ont les médias de toujours vouloir placer la musique dans un genre ou dans une case. Foutez-nous la paix et laissez-nous faire un truc qui ne s’appelle pas forcément de la variété ou de la pop. Pour moi le fer de lance de la pop française c’était Michel Berger et donc l’idée était de détourner un peu ces codes et d’insuffler un poil de second degré dans la chanson et de bourriner sur le contraste en faisant un clip comme ça qui dans son côté gore allégeait le propos. Tout ça, Sultan Des Iles, le bordel, Pigalle et le film série B était juste un prétexte pour conserver le fantasme d’avoir une femme à sa merci. La variété c’est souvent des chansons d’amour de femme et dans les films gores, ce sont toujours les femmes qui sont butées ! (rires) On a joué avec le clichés, c’est moins onirique que ce que l’on faisait avant mais il faut en saisir le second degré.

 

Est-ce bien une clef molette qui tire un collant sur la pochette de Séquences ?a2074891568_10

Flore : c’est ça mais chacun y voit ce qu’il veut !

Charles : C’est la mécanique du sexe, mot pour mot !

 

Vous avez sorti une version acoustique d’Odyssée. Est-ce prévu pour l’album à venir ?

Flore : On ne sait pas car c’était un peu un hasard cette histoire d’EP acoustique. A la base, on avait participé au concours Deezer Adami l’année dernière et comme on faisait partie des finalistes, on devait faire une vidéo acoustique d’un morceau et on était un peu pris au dépourvu. On a la chance d’avoir trois musiciens classiques de haut niveau dans le groupe donc on ne s’est pas demandé trop longtemps ce qu’on allait faire, c’était plutôt évident. On pensait que ça ne marcherait pas mais les gens ont été très réceptifs et du coup on a enregistré cet EP acoustique histoire d’aller jusqu’au bout de l’histoire.

Charles : Dans l’album il y a un morceau qui a été pensé comme ça. Il sera un tout petit peu plus produit mais on reste dans ce truc un peu intime. C’est un morceau sur lequel Hagni a joué du violon, notre bassiste David a joué du violoncelle avec sa maman et des amis d’Hagni du conservatoire. On avait eu l’idée au départ de faire une version complètement acoustique de l’album mais encore une fois c’est long et ça demande des moyens que l’on n’a pas forcément.

 

Vous l’avez rappelé, vous faites partie de cette vague d’artistes et groupes qui ont remis la musicalité du français au goût du jour. Les français ont l’habitude de chanter du yaourt en anglais, quel est l’impact du français à l’étranger ?

Flore : On dit souvent que pour l’étranger il ne faut pas chanter en français mais quand tu vois un groupe comme La Femme par exemple, ils sont plus connus à l’étranger qu’en France. Si ton morceau est bien et la mélodie est cool, la langue est un plus. Il y a plein de morceaux anglais que l’on adore sans connaître les paroles. Par exemple, Parcels je connais presque toutes les chansons par cœur mais je fais du yaourt énorme ! (rires)

Hagni : Selon les langues, les couleurs sont différentes. Le français fonctionne bien avec la variété, la pop ou le rap alors que le rock est plus délicat. Pour la musique asiatique par exemple, il y a des langues qui passent mieux à l’étranger. Chaque langue amène une couleur donc si ça matche bien avec la musique, ça crée un tout que les gens peuvent aimer instantanément.

Charles : Quand je regarde les commentaires Youtube, on en a plein en anglais ou en espagnol donc on se dit que cette musicalité existe vraiment. Derrière le langage il y a des notes qui communiquent.

 

Puisque nous sommes sur un festival, quel est votre meilleur souvenir de festival en tant qu’artistes ou festivaliers ?

Hagni : le plus marquant c’était l’année dernière ici-même puisque j’ai toujours rêvé de voir LCD Soundsytem. Le concert dépassait toutes mes attentes et c’est très rare de ne pas être déçu par quelque chose qu’on attend énormément.

Charles : On devait jouer l’année dernière et notre concert a été annulé au dernier moment à cause de la pluie. On s’est retrouvés à descendre de scène alors qu’on était prêts à jouer, on était hyper déçus mais ce concert a contribué à nos réconcilier avec cette journée qui n’était pas évidente.

Flore : Je garde un très bon souvenir du Ocean Climax à Bordeaux, c’était un de nos plus gros concerts et les bordelais sont toujours bouillants.

L'imperatrice portrait

L’imperatrice portrait

Je vous propose de terminer cette interview par un jeu. Je vais vous donner des débuts de paroles de chansons connues et vous les compléterez avec vos propres mots.

All I want for Christmas is … Me, myself and I! (Achille) – Tout ce que je souhaite pour Noël c’est… moi, moi-même et ma propre personne !

When I find myself in times of trouble … Charles de Boisseguin comes to me ! (Flore) – Quand je suis dans une mauvaise passe… Charles de Boisseguin m’apparaît !

If you wanna be my lover you gotta … go elsewhere! (Hagni) – Si tu veux sortir avec moi tu dois … aller ailleurs !

I’m up all night to … get cheesy! (Charles) Je reste éveillé toute la nuit pour … être kitsch !

I can’t live if living is without … music! (Tous) – Je ne peux pas vivre sans …. musique !

I see no changes. Wake up in the morning and I ask myself… « Am I late ? » (Flore)  Je ne vois aucun changement. Je me lève le matin et je me demande… « suis-je en retard ? »

You gotta fight for your right to … make an album! (Charles)  Tu dois te battre pour ton droit à … faire un album !

l'impératrice

Mes remerciements aux membres de L’Impératrice ainsi qu’à la photographe Michela Cuccagna.

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