ITW – Babe

sorti des tuyaux le 1 mai 2017


Babe, I’m here again ! Ce n’est pas Take That mais bien le quatuor franco-écossais Babe que je te propose de retrouver aujourd’hui. Auteur de Volery Flighty en mars 2014, le groupe m’avait fait forte impression en juin de la même année lors d’une soirée Moshi Moshi Records à (feu) La Flèche d’Or en interprétant notamment Aerialist Barbette et Tilt. 

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3 années et de multiples projets plus tard, Gerard Black (Findo Gask, Frànçois & The Atlas Mountains), Aumary Ranger (Archipel, Frànçois & The Atlas Mountains) et Thomas Ogden (Popolo) ont compensé le départ de Michael Marshall en accueillant l’énergique batteur écossais John Baillie Jnr (Dananananaykroyd / Bossy Love) dont l’influence sur leur nouvel album est indéniable. Oubliée la pop atypique et parfois éthérée de Volery Flighty, Babe nous dévoile une nouvelle facette avec Kiss & Tell, subtilement inspirée du R’n’B et nettement plus propice aux qualités live du quatuor comme tu pourras le constater le 06 juin à La Boule Noire.

C’est dans un café de Pigalle que j’ai pu m’entretenir avec Gerard Black avant de le laisser sous l’objectif de Cédric Oberlin.

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Babe 01 par C�dric OBERLIN

 

Babe est de retour avec un nouvel album, Kiss & Tell, et une nouvelle formation avec l’arrivée de John [Baillie Jr]. Depuis combien de temps vous connaissez-vous ?

J’ai rencontré John il y a longtemps, en 2005, quand j’ai emménagé à Glasgow pour la première fois. C’est l’une des premières personnes que j’ai rencontrées dans cette ville, il faisait partie d’un groupe de mec qui composaient de la musique à la Aphex Twin sur leur ordi. A l’époque, je vivais dans un appart sur Sauchiehall Street, un endroit hyper vivant avec plein de pubs et de clubs et on faisait pas mal de soirées. John venait assez souvent chez moi et on a appris à se connaître. On a commencé à jouer ensemble mais il est parti en tournée avec son groupe, Dananananaykroyd. J’étais moi-même dans un groupe ensuite, Findo Gask, mais les deux formations se sont séparées au final. J’ai demandé à John de remixer l’un de nos nouveaux titres et ce qu’il nous a renvoyé était tellement bien qu’on lui a demandé de s’occuper du reste de l’album. Puis, notre batteur de l’époque n’a pas pu assurer un concert donc, comme John est un super batteur, il a assuré le remplacement et les choses se sont faites naturellement. Ce qui est génial c’est que John est aussi doué qu’expansif, il est toujours en train de de gueuler sur scène. A chaque fois qu’un beat va démarrer tu peux l’entendre « HAAAAAAAA! » (rires)

 

Vous avez auto-produit cet album. Etait-ce parce que vous souhaitiez tout gérer seuls ou bien finalement c’était plus pratique puisque chaque membre est dans une ville différente ?

Nous n’avons pas vraiment besoin de dépenser de l’argent dans un studio. Nous avons du bon matériel, un bon micro, une bonne carte son donc on peut tout faire nous-mêmes. Je pense que tout le monde dans le groupe est d’avis que c’est finalement plus facile de prendre du temps chez soi que de devoir être sous pression en studio. Je gère de mieux en mieux les logiciels et John est super doué.

 

Vous avez réalisé une série de vidéos dans lesquelles vous revenez sur la signification de chaque titre et John te pose une excellente question : Pourquoi toutes vos chansons ont un nom bizarre ?

(rires) Il est impossible de trouver Babe sur Google, même si tu tapes Babe + Glasgow tu n’auras aucun résultat. Peut-être en essayant Babe + Glasgow + Band. Du coup, on a choisi exprès des noms compliqués ou en latin. C’est la raison principale. Babe est aussi un nom plutôt ridicule donc on aime bien l’idée d’avoir des titres à double sens.

Et qu’en est-il du titre de l’album, Kiss & Tell ?

Un kiss-and-tell, c’est ce genre d’articles que tu peux trouver dans les magazines comme “Ma liaison avec Johnny Depp”. A l’origine, on voulait imaginer un magazine avec en première page le groupe en mode boys band et on aurait ajouté de fausses histoires sur chacun d’entre nous mais ça aurait coûté trop cher !

Il n’y a jamais eu de boys band écossais, non ?

Non, nous sommes les premiers ! (Rires) Un boys band qui joue réellement de la musique !

 

Certains titres sont hyper dansants comme Wisteria ou Primo qui est une sorte de feu d’artifice avec un bouquet final. C’est un grand changement par rapport à votre premier album.

Oui, j’ai l’impression que chaque nouvel album est une réponse au précédent. Le premier album de Babe avait été composé en réaction à ce que je faisais avec mon ancien groupe. L’idée était de « freiner les choses » et on n’y est peut-être allée trop doucement avec beaucoup trop de piano (rires) ! Ce n’était pas un album composé pour du live ou bien alors il aurait fallu un orchestre. Kiss & Tell a été composé dans cette optique. Peut-être qu’un jour je reviendrai au piano et aux chansons tristes ! (rires)

 Babe 05 par C�dric OBERLIN

J’ai lu que tu avais beaucoup écouté Jeremih en enregistrant cet album Quelles ont été tes influences ?

Il y a un petit gout R’n’B sur l’album donc je dirais Jeremih et puis mal de Sade. Quand j’étais ado ses chansons me semblaient trop lisses et polies mais maintenant j’adore sa musique. J’ai aussi écouté pas mal de Garage UK mais ça ne s’entend probablement pas trop sur l’album !

 

Encore une fois on retrouve une touche féminine.  Lauren Mayberry [Chvrches] avait participé à Volery Flighty, et pour Kiss & Tell vous avez travaillé avec Rozi Plain. Pouvez-vous revenir sur votre rencontre?

J’ai rencontré Rozi quand elle assurait la première partie de Frànçois and The Atlas Mountains en tant qu’artiste solo. Elle nous a proposé avec Amaury de participer à son dernier album, Amaury à la basse et moi au synthé. Quand nous avons enregistré Kiss & Tell nous lui avons demandé si ça l’intéressait de venir assurer quelques chœurs. C’est un album pour du live donc on n’avait pas forcément pensé à d’autres voix.

De toute manière tu as John maintenant qui assurera les chœurs en hurlant derrière sa batterie !

Exactement ! (rires) Et on a aussi Amaury même s’il ne comprend pas toujours ce qu’Il chante! (rires)

 

Il semblerait que tu aies déjà écrit un troisième album. Est-ce que ce sera un Kiss And Tell part 2 ou bien quelque chose de complètement différent ?

Ce ne sera pas totalement différent mais plus dans la veine de Sade! (rires) J’ai du bon matériel chez moi, deux boîtes à rythme (TR -707 and TR-727), deux synthétiseurs (Juno-6 et un autre) et typiquement on pourrait penser que c’est le matériel d’un mec qui mixe de la House ou de l’Acid techno mais si on n’en abuse pas ça sonne comme du Sade. Un truc super doux et fluide avec des bongos et des cabasas. Il y a pas beaucoup de percussions mais John n’y a pas encore touché donc peut-être qu’il va tout changer ! (rires)

 Babe 03 par C�dric OBERLIN

 

Tu vis à présent à Glasgow. Quel aspect de la France te manque le plus ?

De toute évidence, un bon espresso. Je dirais bien que les cigarettes moins chères et la charcuterie me manquent aussi mais depuis que j’ai déménagé j’ai arrêté de fumer et je suis devenu végétalien ! (rires) Qu’est ce qui me manque le plus ? Hum….

La gentillesse des français ?

Mouais … (rires) Je sais ce qui me manque le plus, avec François et ses amis on faisait les « hippies ». On partait se poser sur le bord d’une rivière avec une guitare acoustique et tout le monde était assis au soleil.

C’est sûr qu’en Ecosse c’est plus difficile de faire pareil !

Oh non ! Si je pars me poser au poser au bord de la mer c’est mon propre souffle que je risque de voir en juillet avec le froid qui fait ! (rires) J’aimais bien aussi la façon dont les groupes étaient traités en France lors d’une tournée.

On dit aussi que le public français est plus attentif.

Oui, vous écoutez plus et vous achetez surtout plus de merchandising ! (rires)

Babe 02 par C�dric OBERLIN

 

 

Babe 04 par C�dric OBERLINJe te propose de terminer cette interview par un jeu. Je vais te donner des débuts de paroles de chansons connues et tu les compléteras avec tes propres mots.

All I want for Christmas is … a nice jam piece! Piece is a word for sandwich in Scotland! – Tout ce que je souhaite pour Noël c’est… un sanwich au jambon !

When I find myself in times of trouble … I go shopping. – Quand je suis dans une mauvaise passe… je fais du shopping !

If you wanna be my lover you …. don’t need to get with my friends! – Si tu veux sortir avec moi tu … n’es pas obligee de t’entendre avec mes amis!

I’m up all night to … overcome my insomnia. – Je reste éveillé toute la nuit pour … vaincre mon insomnie.

I can’t live if living is without … Celtic Football Club!  Je ne peux pas vivre sans…le Celtic Football Club !

But we are living in a material world and I’m … scant! – Mais nous vivons dans un monde matérialiste et je suis … fauché!

I see no changes. Wake up in the morning and I ask myself…« why has nothing changed? »  Je ne vois aucun changement, je me lève le matin et me dit … « Pourquoi rien n’a changé? »

You gotta fight for your right to … vote! – Tu dois te battre pour ton droit à … voter!

babe_1

Mes remerciements à Gerard Black du groupe Babe, à Marine de La Mission ainsi qu’à Cédric Oberlin pour ses photos.

Connasse musicale