ITW – Lawrence Rothman

sorti des tuyaux le 29 octobre 2017


Si David Bowie avait déjà exploité le principe des avatars tout au long de sa carrière, Lawence Rothman et ses neuf alter egos (Darrell Bitchboy, Truman, Hooky, Aleister, Nantucket, Kevin, Elizabeth, Christopher et Orion) n’attendent pas leur tour pour se dévoiler et c’est dans une coexistence constante et consciente que tout ce petit monde [et une belle brochette d’invités] s’est regroupé pour The Book Of Law.

 

lawrence

 

Référence à Aleister Crowley ou simple jeu de mot, difficile de connaître l’origine du titre de ce premier album mais une chose est sûre, Lawrence Rothman & co nous livrent ici un petit chef d’œuvre aux multiples facettes ! Si certains seront peut-être plus touchés par les chants sobres du rouquin Hooky ou de l’albinos Nantucket, j’avoue pour ma part une préférence pour l’univers pop-80’s d’Orion. Cerise sur le gâteau, la joyeuse troupe bénéficie de l’appui de la légendaire réalisatrice Floria Sigismondi, partenaire de longue date.

 

 

Le hasard faisant bien les choses, c’est justement l’androgyne et élégant Orion que la photographe Michela Cuccagna et moi-même avons eu le plaisir de rencontrer!

 

Click here for the original version.

 

Lawrence Rothman portrait in Paris

Lawrence Rothman portrait in Paris

 

Tu fais de la musique depuis un certain temps à présent et pourtant ton premier album, The Book of Law, vient juste de sortir. Pourquoi avoir attendu aussi longtemps?

En gros, je suis toujours en train de composer. En moyenne, j’écris deux heures par jour et donc j’avais pas mal de chansons de prêtes et en 2013 je me suis dit qu’il était temps de les dévoiler. Un album en soi ne m’intéressait pas vraiment mais quand j’ai eu l’impression d’avoir le bon groupe de chansons, j’ai décidé de sortir cet album.

Donc tu aimes prendre le temps!

Oui mais un second album est déjà prêt! (rires)

The Book of Law, chapitre 2!

Exactement! (rires)

 

Lawrence Rothman portrait in Paris

Lawrence Rothman portrait in Paris

Tu as passé une grande partie de ta vie à savoir qui tu étais alors que les gens autour de toi semblaient plus attachés à savoir ce que tu étais. Donc finalement, qui sont Lawrence Rothman ?

Je me vois comme une personne intense, super sensible et émotive. Ça a parfois du bon, parfois non. J’aime afficher les différentes versions de moi-même. J’ai divisé ma personnalité en neuf alter egos. Je pense que nous en avons tous plusieurs, que ce soit notre côté féminin, celui masculin, celui méchant, celui triste et ainsi de suite. J’ai juste choisi de les afficher physiquement, c’est une chose que ma mère a toujours encouragée à la maison. Elle me disait de changer de style quand je sentais qu’un aspect de ma personnalité prenait le dessus. Si tu es triste, porte des vêtement tristes ou si tu es heureux, porte des vêtement heureux.

 

Je présume qu’il t’a fallu un certain nombre d’années pour identifier ces différents alter egos. Lequel est arrivé en premier?  

Le premier était Kévin, le rouquin, et les autres sont apparus assez vite après lui. J’ai toujours vécu avec eux. Ma mère leur avait donné des surnoms donc à la fin de mon adolescence, j’ai commencé à les utiliser en reprenant les noms que ma mère utilisait.

 

Lawrence Rothman portrait in Paris

Lawrence Rothman portrait in Paris

 

Tu as travaillé sur cette idée de mue avec la photographe et réalisatrice Floria Sigismondi. Comment s’est passée votre rencontre ?

Je jouais à Los Angeles et elle est venue à un concert et on a tout de suite commence à travailler ensemble en faisant des photos. Puis, on est passé aux clips. J’ai toujours adoré ce qu’elle fait car ces œuvres semblent prendre vie. Elles sont à la fois très imaginatives et en même temps très concrètes. Un peu comme un rêve éveillé. J’étais juste admiratif de voir qu’elle pouvait prendre une simple idée que j’avais en tête et la développer en un concept plus large qui prenait soudain vie. A chaque fois, je me disais “Wow ! C’est un rêve devenu réalité !

Tu es pourtant passé derrière la caméra pour Wolves Still Cry.

Ouais, c’est mon premier clip en tant que réalisateur. En fait, je viens d’en tourner un autre qui ne devrait pas tarder à sortir. Ça se passe dans un cimetière d’avions, un lieu hyper intéressant ! (rires)

 

 

J’ai interviewé Angel Olsen l’année dernière et elle m’a dit en parlant de Justin Raisen et de toi que vous faisiez “une sacrée paire !” Pourrait-on parler de bromance ?

Je dirais plutôt que … En fait, je crois en la réincarnation et je suis convaincu que Justin et moi avons été frères dans une autre vie. Je me suis dit “Je connais ce mec!” à l’instant même où je l’ai rencontré. Mon frère Yves m’a également aidé à produire cet album et donc on avait vraiment l’impression d’être tous de la même famille et quand la mère de Justin venait en ville, elle nous considérait comme ses fils.

 

Lawrence Rothman portrait in Paris

Lawrence Rothman portrait in Paris

 

De nombreux artistes [Angel Olsen, Kristin Krontol, Duff McKagan, Marissa Nadler…] ont également collaboré à The Book of Law et il semblerait qu’ils figuraient tous dans une “crazy dream list que tu avais suggéré à Justin Raisen. Comment avez-vous réussi à tous les contacter ?  

Je suis seul sur scène et je joue de plusieurs instruments mais je trouvais ça assez ennuyeux de devoir le faire en studio même si Justin est aussi multi-instrumentiste. On s’est dit que ça serait plus cool d’avoir d’autres personnes avec nous en studio et on aimait bien l’idée d’avoir de jouer la rythmique de chaque titre d’une seule traite. Justin m’a dit de penser à une liste avec à la fois des artistes célèbres ou pas et je l’ai fait. Quand je lui ai présenté, il m’a dit qu’il ne connaissait personne et il a donc commencé à les contacter un par un.  C’était juste génial de pouvoir le faire et ces artistes sont devenus des amis depuis. Par exemple, nous ne connaissions pas Angel et Justin a finalement produit son album et j’y ai également collaboré.

 

 

As-tu un concert prévu prochainement sur Paris ?

Je devrais en avoir un en février.

 

 

 

Lawrence Rothman portrait in Paris

Lawrence Rothman portrait in Paris

Je te propose de terminer cette interview par un jeu. Je vais te donner des débuts de paroles de chansons connues et tu les compléteras avec tes propres mots.

All I want for Christmas is … a big white house with a red Chevrolet. – Tout ce que je souhaite pour Noël c’est…une grande maison blanche avec une Chevrolet rouge.

When I find myself in times of trouble … I look in the mirror and remind myself that all I have is me in this world.Quand je suis dans une mauvaise passe… je me regarde dans le miroir et je me rappelle que je ne peux compter que sur moi dans ce monde.

If you want to be my lover you gotta … have respect for yourself.Si tu veux sortir avec moi tu dois … te respecter.

I’m up all night to … watch the sun rise. –  Je reste éveillé toute la nuit pour … voir le soleil se lever.

I can’t live if living is without … music and food.Je ne peux pas vivre sans…musique et nourriture.

But we are living in a material world and I am… definitely a material girl!Mais nous vivons dans un monde matérialiste et … je suis vraiment une material girl.

I see no changes. Wake up in the morning and I ask myself … “Which version of myself would I be today?” –   Je ne vois aucun changement, je me lève le matin et je me demande … « Quelle personnalité vais-je prendre aujourd’hui

You gotta fight for your right to … be heard amongst all the monsters.Tu dois te battre pour ton droit à … être entendu parmi tous les monstres!

 

Lawrence Rothman portrait in Paris

Lawrence Rothman portrait in Paris

 

Merci à Lawrence Rothman pour cette interview. Mes remerciements également à Erwan pour avoir permis cette rencontre et à la photographe Michela Cuccagna pour ses photos.

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