ITW – Lea Porcelain

sorti des tuyaux le 18 juin 2017


Début de semaine avec le duo allemand Lea Porcelain composé du producteur électro Markus Nikolaus et du chanteur Julien Bracht dont le premier album, Hymns To The Night, a été dévoilé ce vendredi.

 

Bien qu’originaires de Francfort, c’est à Berlin et plus exactement au Funkhaus que les deux amis ont décidé de s’établir pour écrire et enregistrer les 12 titres qui composent cette ode aux mystères de la nuit. Entre cold wave et post-punk, Lea Porcelain nous offre un voyage nocturne et mélancolique où guitares, batteries et synthés s’entremêlent à la voix singulière de Julien Bracht.

C’est dans un café de proche de Bastille et accompagnée de la photographe Marine Andrieux que j’ai pu m’entretenir avec Markus et Julien et ainsi en savoir plus sur la conception de cet album.

 

Click here for the English version.

 

PARIS, FRANCE - MAY 18: Lea Porcelain - musique

PARIS, FRANCE – MAY 18: Lea Porcelain – musique

Vous faisiez déjà de la musique chacun de votre côté avant de former Lea Porcelain. Quand et comment avez-vous décidé de monter ce duo?

Markus : On s’est rencontrés en 2012 et à l’époque on avait chacun notre propre truc. Ce n’est qu’au bout de deux ans qu’on s’est dit que l’on pouvait travailler ensemble. Ce n’était pas prévu, c’est arrivé comme ça.

Julien : On n’y pensait pas forcément parce qu’on était chacun impliqué dans différents projets. Markus réussissait dans la techno et j’allais sortir un album avec ma copine. Mais au final, dès qu’on a commencé à composer ensemble, on s’est rendu compte que c’était une évidence.

 

Julien, tu as grandi en Espagne puis déménagé en Allemagne. Markus, tu as passé pas mal de temps en Angleterre et en Irlande mais au final c’est à Berlin que vous avez posé vos bagages. En quoi cette ville est-elle si spéciale ?

Markus : Je pense que Berlin est une ville avec beaucoup d’espace, c’est un des meilleurs endroits pour vivre.

Julien : J’ai vécu à New York puis à Londres, à un moment il faut quitter ce genre de lieu. Berlin est assez bizarre. Si tu y vas maintenant, c’est le meilleur moment de l’année. On dirait que le monde t’appartient, que tout est possible. C’est juste génial ! Les hivers à Berlin sont super difficiles donc maintenant que les températures se réchauffent, tout le monde est en ébullition et sort. Ce n’est pas une grande ville mais au final il y a beaucoup d’espace et de créativité.

 

LEA PORCELAINVotre premier album, Hymns To The Nights, est de toute évidence plutôt sombre mais il y a également quelque chose d’assez lumineux et rassurant dans votre musique.  Finalement, ces hymnes de la nuit tiennent plus de l’aube que du crépuscule ?

Markus : C’est exactement ça !

Julien : Le soleil va se lever, il y a de l’espoir !

Markus : Non, le soleil brille carrément sur l’album !

Julien : Pour être honnête, on quittait toujours le studio au lever du jour!

Markus : Nous ne sommes pas particulièrement sombres, l’album fait plutôt référence à la beauté de la nuit.

 

Vous avez dit en interview que ce qui vous importez le plus était de composer des titres au caractère intemporel.  

Julien : Avant même de travailler ensemble, on avait déjà parlé de ce qui faisait qu’un titre soit bon, c’est son intemporalité.

Markus : Intemporel tout en étant novateur mais pas rétro !

 

J’ai été personnellement assez impressionnée par l’introduction de la plupart de vos chansons comme par exemple l’aspect militaire de Out Is In.   

Julien : Markus disait toujours :  “On envoie la batterie en premier !” Il vient de la scène électro donc c’est logique qu’il aime qu’un rythme se construise. Il a fait pareil pour l’album. Le rythme en premier et lorsque c’est bon on rajoute une couche. Puis ensuite la basse et les paroles. C’est une construction étape par étape mais la rythmique est toujours la base.

Donc si j’ai bien compris, Markus, tu t’occupes de la musique et toi Julien, des paroles ?

Markus : Oui, je m’occupe de la production et Julien chante.

 

Vous avez également tourné la plupart de vos vidéos. On n’est jamais mieux servi que par soi-même, était-ce l’idée ?

Julien : il faut garder un contrôle sur son travail. Les clips sont bien trop importants pour qu’on laisse qui que ce soit s’en occuper.

Aviez-vous déjà la trame narrative de ces clips en tête lorsque vous les avez composés ?

Markus : Oui, et pour Warsaw Street, c’était encore mieux que ce que l’on avait pensé. On avait une idée et on a demandé à deux amis de jouer dans le clip est le résultat était hyper naturel. On avait quand même fait appel à un bon camarade car on ne voulait pas le filmer nous-mêmes. C’était la meilleure façon de le faire, en restant simple et honnête.

 

Bien qu’elle ne soit pas présente sur l’album, vous avez enregistré une reprise de Streets Of Philadelphia de Bruce Springsteen. Pourquoi ce titre ?  

Markus : c’était plus une blague au départ car ma copine écoute sans cesse cette chanson. Après voir fini l’album, on s’est dit qu’on pouvait enregistrer une reprise et l’offrir en cadeau à nos proches.

Julien : On n’avait pas de cadeaux pour eux car l’album devait être fini pour le 1er janvier donc on passait tout notre temps dessus à gérer plein de choses et on en a oublié Noël. On l’a enregistrée le 21 décembre, juste avant de rentrer chez nous. Le but n’a jamais été de la dévoiler mais nos proches nous ont encouragés à le faire. C’est finalement une étape supplémentaire dans la déconstruction de l’image que certaines personnes ont de nous. On nous a déjà dit « votre musique fait très 80’s, très rétro, très Joy Division » mais on n’est rien de tout cela. Nous n’avons même pas écouté les groupes auxquels on nous compare. C’est une simple coïncidence. Joy Division a beaucoup été influencé par l’Allemagne et il se trouve que nous sommes allemands et que nous aimons aussi jouer de cette identité. Si nous voulions reprendre du Joy Division, le résultat ne serait pas bon.

 

lea porcelainVous avez déjà joué à Paris au Supersonic. Avez-vous une prochaine date de prévue ?

Julien : Nous allons jouer au Garage (ex Grand Rivage) très bientôt avec The KVB et Motorama, les Interpol russes.

 

Je vous propose de terminer cette interview par un jeu. Je vais vous donner des débuts de paroles de chansons connues et vous les compléterez avec vos propres mots.

All I want for Christmas is … a headache ( Julien )Tout ce que je souhaite pour Noël c’est… un mal de tête.

When I find myself in times of trouble … I go for a run, run, run, run run…( Markus ) – Quand je suis dans une mauvaise passe… je cours, cours, cours, cours…

If you wanna be my lover you gotta … make it last forever. (Julien)Si tu veux sortir avec moi tu dois… faire en sorte que cela dure pour toujours.

I’m up all night to … watch Netflix! (Markus) – Je reste éveillé toute la nuit pour… regarder Netflix.

I can’t live if living is without … going to Paris! (Julien) – Je ne peux pas vivre sans … venir à Paris !

But we are living in a material world and I am … a car! (Markus) Mais nous vivons dans un monde matérialiste et je suis … une voiture !

I see no changes. Wake up in the morning and I ask myself… … “Am I Notorious B.I.G?” (Julien) Je ne vois aucun changement. Je me lève le matin et je me demande… « suis-je Notorious B.I.G ? »

You gotta fight for your right to … not have to pay to breathe! (Markus)Tu dois te battre pour ton droit à … respirer sans payer !

 

Lea Porcelain se produira le 26 juin au Garage. Billets ici.

 

Mes remerciements à Julien et Markus de Lea Porcelain, à Boogie Drugstore ainsi qu’à la photographe Marine Andrieux pour ses photos.

PARIS, FRANCE - MAY 18: Lea Porcelain - musique

PARIS, FRANCE – MAY 18: Lea Porcelain – musique

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