ITW – Slowdive

sorti des tuyaux le 10 septembre 2017


« The Scene That Celebrates Itself »… voilà comment en 5 petits mots, la presse britannique du début des années 90 a commencé à dénigrer des groupes shoegaze tels que Ride, Lush ou Chapterhouse, les conduisant ainsi bien souvent à une séparation ou évolution inévitable. Slowdive, formé en 1989 à Reading, en a également fait les frais après 3 albums.

Juste retour des choses, la même scène musicale est remise à l’honneur dès le début des années 2000. Les soi-disants artistes « privilégiés » et « suffisants » artistes du shoegazing sont dès lors portés au rang de légendes et le public rêve alors de reformations. Après quelques aventures en groupe ou en solo (entre autres Mojave 3, Monster Movie, Minor Victories) c’est finalement en 2014 pour le festival Primavera que Slowdive décide de se reformer puis de sortir trois ans plus tard un quatrième album, Slowdive, sous le label Dead Oceans.

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Peu de temps avant le set du groupe sur la Scène du Bosquet, j’ai pu m’entretenir avec trois des membres du quintette britannique :  Neil Hastead (guitare/chant), Christian Savill (guitare) et Simon Scott (batterie).

Photos live : Cédric Oberlin

 

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Vous avez réformé Slowdive après plus de 20 ans d’intervalle, mais vous n’avez jamais cessé de jouer de la musique. Avez-vous toujours eu en tête cette réunion ou bien était-ce une chose que vous n’aviez jamais envisagé ?

Neil : Pour être honnête, nous n’y pensions pas du tout. C’était vraiment après 2013 que nous avons commencé à réfléchir sur la reformation du groupe. On ne s’y attendait pas. Quand j’étais en solo, on me demandait souvent si Slowdive allait se reformer et je répondais toujours que cela n’arriverait probablement pas mais finalement c’est le cas !

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Quelle était votre plus grande appréhension en vous reformant ? Était-ce la réaction du public, celle des médias ?

Simon : Tout simplement que personne ne soit intéressé parce que c’était un peu le cas avant! Nous ne pensions pas que la reformation du groupe était attendue, comment aurait-on pu le savoir ?

Neil : Nous avons eu une offre de Primavera pour jouer en 2014 et nous avons juste pensé « ok, allons-y et voyons ce qui se passe ». Pour nous, ce concert a commencé toute une série d’autres shows. Nous ne pensions pas que les gens seraient vraiment intéressés par le groupe et ça a donc été une très agréable surprise.

 

Avez-vous eu du mal à retravailler ensemble et retrouver vos marques ?

Christian : Je ne pense pas. Dès que nous avons commencé à répéter, on s’est éclaté. Après, c’est vrai que nous avions quelques appréhensions. Notre manager nous avait booké un concert à Londres et le souvenir que nous avions de notre dernier concert à Londres il y a vingt ans n’était pas très bon ! On se demandait franchement si le public suivrait et en fait c’était génial. La date a affiché complet très rapidement et ça nous a boostés.

 

Pour votre nouvel album, Slowdive, vous avez travaillé avec Chris Coady et j’ai appris que la chanson Star Roving avait été utilisée comme une sorte d’audition de mixage.

Neil : Oui, nous avons envoyé ce titre en particulier à différentes personnes dont Chris. Nous aimons tous les albums de Beach House donc nous avons pensé qu’il pourrait ajouter quelque chose de sympa à ce que nous avions déjà enregistré. Cette chanson était un bon indicateur, si une personne était capable de travailler dessus, elle pouvait s’occuper des autres sans problème. Chris a fait un excellent travail.

 

Vous êtes déjà en train de travailler sur un prochain album. Pensez-vous qu’il est plus facile de faire de la musique aujourd’hui qu’il y a 20 ans ?

Neil : Techniquement, oui. Si vous avez un ordinateur portable et quelques micros, vous pouvez faire un album. Il n’est plus nécessaire d’avoir un gros budget pour aller en studio et faire tout ce genre de choses.

Simon : Avant, si on voulait enregistrer des sessions, il fallait louer un studio alors que maintenant, vous pouvez louer une salle de répétition ou tout enregistrer sur votre iPhone, ce que nous avons plus ou moins fait. En ce sens, c’est beaucoup plus facile, oui.

Neil : Je pense que la difficulté aujourd’hui est de sortir du lot. C’est facile d’enregistrer de la musique mais il est plus difficile de se faire remarquer. Vous n’avez plus vraiment de maisons de disques qui s’occupe de ce travail. Lorsque nous avons commencé, le simple fait d’être signé par un label comme Creation, nous a apporté une visibilité. Je pense qu’il y a moins d’impact de ce type pour les nouveaux groupes maintenant.

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Vous avez commencé à faire de la musique très jeunes et maintenant il y a neuf enfants Slowdive si l’on peut dire.

Neil : Oui, à nous tous nous avons 9 enfants. Pas de la même mère. (rires)

Que pensent-ils du fait que leurs parents jouent dans un groupe?

Neil : Mes enfants sont assez jeunes, ils commencent à peine comprendre ce que je fais et je ne pense pas que ça les impressionne tant que ça! Ce n’est pas vraiment leur truc, notre musique est trop bruyante pour eux ! (rires)

Simon : Les miens ont en honte! Les amis de ma fille aînée lui ont demandé ce que je faisais dans la vie et ils ont découvert que j’étais dans un groupe. Aucun d’entre eux n’aime Slowdive, ils sont trop jeunes. Je doute que ma fille soit musicienne un jour !

Christian : Un jour j’ai déposé ma fille à son école et une de ses amies lui a dit « J’ai écouté le groupe de ton père et c’est pourri! » (Rires)

 

Je sais que Rachel a un intérêt particulier pour la langue des signes et de plus en plus d’artistes font appel à un interprète pour les accompagner sur scène. De toute évidence, cela dépend des installations et de chaque salle, mais avez-vous déjà envisagé d’avoir un interprète avec vous ?

Neil : Je ne pense pas que nous en ayons déjà parlé. Rachel connaît la langue des signes pour des raisons particulières et je pense qu’elle utilise parfois des signes sur scène. Ce serait une bonne idée d’avoir un vrai interprète.

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Puisque nous sommes en festival, quel est votre meilleur souvenir en tant qu’artiste ou festivalier ?

Neil : Pour moi, c’est d’avoir vu Neil Young jouer dans les années 90. C’était la première fois que je le voyais jouer avec Crazy Horse. Je pense que j’aurais peut-être pris un genou, peut-être … (rires) C’est l’une de mes meilleures expériences de festival. Difficile de faire mieux !

Simon : Je pense que pour moi ce serait le Festival Reading en 1988 je crois, et le tout premier groupe du week-end était un groupe de guitares et puis après c’est un trou noir ! Je n’arrive toujours pas à m’en souvenir (rires)

Neil : Je me souviens d’un festival où jouait le groupe Butthole Surfers. Ils ont fait une chanson, ils ont joué Hurdy Gurdy Man pendant 10 minutes, puis ils ont éclaté leur équipement et ont quitté la scène. C’était génial!

Simon: Je m’en rappelle!

Christian : Tous les autres groupes présents ont refusé de leur prêter leur équipement de peur qu’ils refassent la même chose ! (Rires)

 

slowdiveJe vous propose de terminer cette interview par un jeu. Je vais vous donner des débuts de paroles de chansons connues et vous les compléterez avec vis propres mots.

All I want for Christmas is … a puppy! (Neil)Tout ce que je souhaite pour Noël c’est… un chiot !

If you wanna be my lover you gotta … buy me a pint of shandy! (Simon) – Si tu veux sortir avec moi tu dois… me payer une pinte de Shandy !

I can’t live if living is without … my sense of smell. (Christian)Je ne peux pas vivre sans … mon odorat.

I’m up all night to … read a good book. (Neil)Je reste éveillé toute la nuit pour… lire un bon livre.

But we are living in a material world and I am … too busy trying to get my memory back. (Simon)Mais nous vivons dans un monde matérialiste et je suis … déjà bien occupé à essayer de retrouver la mémoire.

I see no changes. Wake up in the morning and I ask myself…I don’t know the song!” (Christian)Je ne vois aucun changement. Je lève le matin et je me dis …”Je ne connais pas cette chanson !”

You gotta fight for your right to … You gotta fight for your rights! (Neil)Tu dois te battre pour ton droit à … Tu dois te battre pour tes droits !

Mes remerciements à Christian, Neil et Simon du groupe Slowdive ainsi qu’à Agnieszka du label Dead Oceans. Merci également à l’équipe d’Ephélide et à Cédric Oberlin pour ses photos.

Connasse musicale